Voir aussi
L’euro a poursuivi sa correction face au dollar, tandis que la livre est parvenue à préserver sa position, inscrivant un nouveau plus haut hebdomadaire et maintenant ainsi les chances d’une poursuite de l’instauration d’une tendance haussière.
Hier, en l’absence de statistiques fondamentales majeures aux États‑Unis, l’attention du marché s’est portée sur une interview de Beth Hammack, présidente de la Federal Reserve Bank of Cleveland. Elle a déclaré que plusieurs relèvements de taux pourraient être nécessaires pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2 %, et cette rhétorique hawkish a en partie contribué au renforcement du dollar et au recul des actifs risqués. Les commentaires des responsables de la Fed sont précieux, car ils donnent un aperçu de l’état d’esprit de la banque centrale ; en l’absence de données, le poids de chaque mot augmente considérablement. Il convient de noter que Hammack figurait déjà parmi ceux qui plaidaient pour un resserrement immédiat de la politique monétaire, de sorte que sa position apparaît cohérente. Pour l’euro, ce signal s’est traduit par des pressions. La posture hawkish de l’un des membres votants de la Fed a renforcé les anticipations de taux plus élevés, accru l’attrait du dollar et sapé la demande pour les actifs plus risqués.
Aujourd’hui, le seul rapport en provenance de la zone euro sera la balance commerciale de l’Italie, et nous n’anticipons donc pas de poussée de volatilité. La balance commerciale reflète l’écart entre les exportations et les importations et influence la demande de monnaie à long terme, mais comme moteur à court terme, elle est peu efficace, d’autant plus qu’elle ne concerne qu’une seule économie au sein du bloc. Ce type de publication ne suscite généralement pas de réaction marquée de la part de la monnaie unique. Faute de catalyseurs significatifs, il est assez probable que la paire EUR/USD poursuive sa correction baissière. Tant que l’euro ne disposera pas de moteurs solides qui lui soient propres, l’initiative restera au dollar, et le récent mouvement de repli de la monnaie unique risque de se prolonger.
À l’inverse, l’absence de publications au Royaume‑Uni dans la première moitié de la journée pourrait soutenir la livre. Sans nouveaux chiffres sur l’inflation, l’emploi ou l’activité des entreprises, les traders n’auront aucune raison de réviser leurs positions, ces indicateurs guidant habituellement les anticipations concernant le taux de la Bank of England et déterminant la trajectoire de la devise britannique. En l’absence de repères internes, la livre devient dépendante des forces extérieures, le sentiment du marché à l’égard du dollar constituant le principal point de référence. Ainsi, les acheteurs de livre conservent de bonnes chances de prolonger un marché haussier. L’absence de nouvelles domestiques négatives facilite le maintien d’un biais haussier sur la paire GBP/USD et la poursuite de sa récente progression.
Si les données sont conformes aux attentes des économistes, il est préférable d’agir selon une stratégie de Mean Reversion. Si les données s’écartent nettement à la hausse ou à la baisse des prévisions des économistes, il est préférable d’utiliser une stratégie de Momentum.